Coupe du Monde 2026 : bilan historique pour les pays africains
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Afrique, Coupe du MondeAu moment de dresser le bilan de cette Coupe du monde 2026, le football africain oscille entre satisfaction et frustration. Certes, aucune sélection du continent ne disputera les demi-finales. Une nouvelle fois, le rêve d’un premier sacre mondial africain est repoussé. Pourtant, s’arrêter à ce simple constat serait passer à côté de l’essentiel. Au-delà des éliminations, cette édition restera sans doute comme celle de la confirmation. Confirmation que les nations africaines n’ont plus rien à envier aux grandes puissances du football mondial. Confirmation aussi que le fossé qui les séparait autrefois des meilleures équipes continue de se réduire. En réalité, jamais l’Afrique n’avait donné une telle impression de force collective dans un Mondial. Une Coupe du monde qui marque un tournant Depuis plusieurs décennies, les supporters africains vivent les Coupes du monde avec le même espoir : voir enfin une sélection franchir un nouveau cap. Cette fois encore, l’objectif ultime n’a pas été atteint. Toutefois, les performances observées tout au long du tournoi invitent à regarder plus loin que les simples résultats. D’abord, parce que plusieurs équipes ont réussi à sortir de groupes particulièrement relevés. Ensuite, parce qu’elles ont souvent fait jeu égal avec des adversaires pourtant considérés comme favoris. Enfin, parce que la majorité des éliminations s’est jouée sur des détails, preuve que l’écart de niveau est devenu extrêmement mince. Autrement dit, les équipes africaines ne sont plus invitées à la table des grandes nations : elles en font désormais partie. Le Maroc confirme que son exploit de 2022 n’était pas un hasard S’il fallait retenir une équipe en particulier, ce serait évidemment le Maroc. Après son incroyable parcours au Qatar en 2022, nombreux étaient ceux qui se demandaient si les Lions de l’Atlas seraient capables de reproduire un tel niveau de performance. La réponse est désormais claire. Même sans atteindre une nouvelle demi-finale, les Marocains ont une nouvelle fois démontré leur solidité. Match après match, ils ont affiché une organisation remarquable, une grande maîtrise tactique et cette sérénité qui caractérise désormais les grandes équipes. Certes, la France a fini par mettre un terme à leur aventure. Néanmoins, cette élimination ne remet absolument pas en cause leur progression. Au contraire, elle confirme que le Maroc appartient désormais durablement au cercle des meilleures sélections mondiales. Derrière le Maroc, tout un continent progresse L’autre enseignement majeur concerne les autres représentants africains. Longtemps, le continent s’est reposé sur quelques nations historiques comme le Cameroun, le Nigeria, le Ghana ou la Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, le paysage est beaucoup plus riche. Le Cap-Vert, par exemple, a été l’une des plus belles surprises du tournoi. Sans complexe, les Requins Bleus ont proposé un football ambitieux qui leur a permis de rivaliser avec des adversaires beaucoup plus expérimentés. De son côté, l’Égypte a retrouvé une identité de jeu qu’elle semblait avoir perdue ces dernières années. L’Algérie, elle aussi, repart avec des motifs d’espoir malgré son élimination face à la Suisse. Les Fennecs ont montré qu’ils avaient retrouvé une vraie compétitivité sur la scène internationale. Quant au Sénégal, au Ghana, à la Côte d’Ivoire ou encore à l’Afrique du Sud, ils ont tous prouvé qu’ils pouvaient regarder les meilleures nations dans les yeux. Pris individuellement, ces parcours peuvent sembler frustrants. Mais, collectivement, ils témoignent d’une progression incontestable. Des défaites qui laissent forcément des regrets Pour autant, tout n’a pas été parfait. Si une constante se dégage de cette Coupe du monde, c’est que les sélections africaines continuent de payer très cher la moindre erreur. L’Algérie a concédé deux buts évitables contre la Suisse. Le Ghana a longtemps résisté avant de céder dans les derniers instants. La Côte d’Ivoire est tombée avec les honneurs face à la Norvège. De son côté, le Sénégal, lui, est passé tout près de créer l’exploit contre la Belgique. À chaque fois, le scénario est sensiblement le même : une équipe compétitive, capable de rivaliser, mais qui manque encore de maîtrise dans les moments décisifs. C’est sans doute là que réside aujourd’hui la dernière étape à franchir. Une évolution qui ne doit rien au hasard Si les résultats progressent, c’est parce que le football africain a profondément changé. Les fédérations investissent davantage dans les centres de formation. Les infrastructures se modernisent progressivement. Les jeunes talents rejoignent de plus en plus tôt les grands clubs européens, où ils évoluent dans des environnements extrêmement exigeants. Par ailleurs, les sélectionneurs accordent désormais une importance particulière aux aspects tactiques. Il y a quelques années encore, les équipes africaines étaient souvent caricaturées comme des formations très physiques mais parfois désorganisées. Cette image appartient désormais au passé. Aujourd’hui, elles savent défendre en bloc, gérer les temps faibles, construire leurs actions et s’adapter à différents styles de jeu. Autrement dit, leur progression est le fruit d’un véritable travail de fond. L’Afrique peut regarder l’avenir avec ambition Au final, cette Coupe du monde 2026 ne restera peut-être pas comme celle d’un exploit historique. En revanche, elle pourrait bien être celle d’un changement durable de statut. Le Maroc s’est confirmé parmi les meilleures équipes du monde. Derrière lui, plusieurs sélections ont franchi un cap important et disposent désormais d’effectifs capables de rivaliser avec n’importe quel adversaire. Bien sûr, les regrets existent. Ils sont même nombreux tant certaines éliminations auraient pu connaître une autre issue. Cependant, il serait injuste de réduire le parcours africain à ces seules désillusions. Au contraire, le véritable enseignement est ailleurs : le football africain ne progresse plus par à-coups, il avance de manière constante. Et si cette dynamique se poursuit, voir une sélection du continent disputer une finale de Coupe du monde dans les prochaines années ne relèvera plus du rêve, mais d’une ambition parfaitement crédible. Abel SounouJe suis Abel Sounou. Journaliste et très grand passionné du sport en général et du football en particulier. Retrouvez mes articles sur bematch.info. bematch.info


